Le seuil est symbolique, mais il dit l’ampleur du drame. Selon le dernier rapport du ministère congolais de la Santé, arrêté au 25 octobre et publié lundi, l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo compte désormais 10 060 cas confirmés et 4 887 décès, soit un taux de létalité de 48,6 %.
Une souche rare, une propagation record
Déclarée le 15 mai 2026, cette 17e épidémie d’Ebola en RDC est causée par le virus Bundibugyo, une souche beaucoup plus rare que celles rencontrées lors des grandes flambées précédentes. Elle est déjà considérée comme la plus rapide et la plus étendue jamais enregistrée.
Rien que pour la journée du 25 octobre, 96 nouveaux cas ont été rapportés : 58 au Nord-Kivu, 32 en Ituri et 6 dans la Tshopo. L’Ituri reste l’épicentre, avec plus de 7 200 cas confirmés, soit près de 72 % du total. Au total, 66 zones de santé réparties dans huit provinces ont été touchées. Seule lueur d’espoir : 2 684 personnes ont été déclarées guéries.
Le virus voyage
L’épidémie a franchi les frontières. Le Nigeria a confirmé le 20 octobre son premier cas importé à Abuja, devenant le cinquième pays à détecter le virus, tandis que le Kenya a signalé son neuvième cas. Selon l’agence sanitaire africaine Africa CDC, les premiers patients nigérian et kényan avaient tous deux transité par l’aéroport d’Entebbe, en Ouganda. Une patiente nigériane a été évacuée vers la Suisse et 53 contacts sont suivis.
L’Ouganda, qui avait déclaré la fin de sa propre flambée (20 cas, 2 décès) cet été, a durci le ton : toute personne ayant séjourné en RDC ne peut plus transiter par son territoire, y compris en vol charter. Le dépistage a été renforcé à Entebbe et aux postes-frontières. Début octobre, un membre de Médecins sans frontières infecté en RDC avait aussi été évacué vers les Pays-Bas.
Soignants en danger, désinformation et choléra
Sur le terrain, la riposte se heurte à la peur et à la désinformation. Ce lundi encore, une infirmière a été tuée et un agent de santé blessé lors d’une attaque visant une équipe répondant à un cas d’Ebola. Et le pays affronte en parallèle une flambée de choléra : plus de 125 000 cas suspects et 3 644 décès suspects ont été recensés entre janvier 2025 et fin septembre 2026, selon l’OMS.
Ce qu’il faut retenir
Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne malade ou décédée, pas par l’air. Les personnes qui se rendent dans la région, notamment pour rendre visite à leur famille, ont intérêt à consulter les conseils aux voyageurs du SPF Affaires étrangères et à contacter un médecin en cas de fièvre dans les trois semaines suivant leur retour, en signalant leur voyage.
Sources : Actualite.cd, ONU Info, Euronews, ONU Info, Africanews
Photo : CDC/Cynthia Goldsmith / Public domain, via Wikimedia Commons











