Depuis deux semaines, le sujet anime les conversations de Matonge aux réseaux sociaux. Le 14 octobre, la justice belge a mené des perquisitions à Bruxelles et dans plusieurs communes du Brabant flamand et du Brabant wallon, visant des membres de l’entourage du président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi. Elles s’inscrivent dans une instruction judiciaire ouverte à la suite de plaintes déposées en juillet 2025, portant notamment sur des soupçons de détournement de fonds et de blanchiment.
Précision essentielle : à ce stade, il s’agit d’une enquête. Les personnes visées bénéficient de la présomption d’innocence.
« Un signal fort » pour les plaignants
D’un côté, le collectif des plaignants congolais a salué ces perquisitions dans un communiqué publié le 15 octobre à Bruxelles. Il y voit une étape importante pour la manifestation de la vérité et les droits des victimes, en lien avec des allégations de captation illicite de ressources appartenant au peuple congolais. Les plaignants disent vouloir aller jusqu’au bout de la procédure et s’adressent particulièrement à la population du Katanga.
Indignation chez d’autres associations
De l’autre, un Collectif international de la diaspora congolaise, qui regroupe notamment Moncongo ASBL, la Ligue des Patriotes Congolais et LISANGA ASBL en Belgique, a écrit le 22 octobre au Roi, au Premier ministre, aux ministres concernés, aux parlementaires fédéraux et à l’ambassadrice de Belgique en RDC pour exprimer son indignation. Ces associations contestent le calendrier et la méthode : les perquisitions sont intervenues deux jours après l’annonce par l’ancien président Joseph Kabila d’un mouvement politico-militaire, alors que l’Est du pays est déchiré par le conflit avec la rébellion AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon Kinshasa et les Nations unies. Elles redoutent que ces procédures fragilisent l’unité nationale.
Du côté de l’UDPS, le parti de Félix Tshisekedi, on rejette les accusations et on dénonce une campagne de déstabilisation.
Bruxelles défend l’indépendance de sa justice
Interpellé à la Chambre le 21 octobre, le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a fermement rejeté tout lien politique. Il a dénoncé une campagne de désinformation susceptible d’abîmer la relation bilatérale et rappelé que la démarche judiciaire n’est soumise à aucune influence du gouvernement. En Belgique, la séparation des pouvoirs interdit d’ailleurs au gouvernement de diriger une instruction.
Une communauté au cœur de la relation belgo-congolaise
Selon les données des Nations unies, près de 89 000 personnes nées en RDC vivent en Belgique, sans compter leurs enfants nés ici. C’est l’une des plus grandes diasporas congolaises au monde, et ses débats internes reflètent souvent ceux qui traversent Kinshasa. Cette affaire ne fait pas exception : entre exigence de redevabilité et appel à l’union sacrée face à la guerre, la communauté se cherche une voix.
Sources : MediaCongo, Actualite.cd, Migranto (données ONU DESA)
Photo : Mellonne / CC0, via Wikimedia Commons










