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Climat : la Commission européenne demande aux Vingt-Sept de se préparer à un monde à +3 °C

Canicules, inondations, sécheresses : avec une future loi sur la résilience climatique, Bruxelles veut que chaque État membre planifie dès maintenant pour un réchauffement pouvant atteindre 3 °C d’ici 2100.

Ce n’est pas un renoncement à l’accord de Paris, insiste Bruxelles, mais un exercice de lucidité. Ce mardi 27 octobre, la Commission européenne a présenté un nouveau cadre de résilience climatique qui demande aux États membres de se préparer à un monde nettement plus chaud qu’aujourd’hui.

Une trajectoire commune : 1,5, 2 puis 3 °C

Au cœur du paquet figure une proposition de loi européenne sur la résilience climatique. Elle fixe une trajectoire de référence commune pour évaluer les risques : +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle d’ici 2030, +2 °C d’ici 2050 et +3 °C à l’horizon 2100. Il ne s’agit pas d’un nouvel objectif climatique : l’accord de Paris, qui vise à contenir le réchauffement bien en dessous de 2 °C, reste la boussole. L’idée est d’anticiper le pire plausible plutôt que de le subir.

Concrètement, chaque État membre devra élaborer un plan stratégique national de résilience climatique et désigner une autorité responsable pour chaque grand risque. La vice-présidente exécutive Teresa Ribera a toutefois rappelé que la meilleure adaptation reste de s’attaquer aux causes du changement climatique.

Canicules, eau, assurances

La Commission annonce aussi un plan européen contre les vagues de chaleur pour protéger la santé publique, une initiative sur l’eau (sécheresses, inondations, réutilisation) et une alliance consacrée à l’assurance climatique. Trois outils numériques doivent aider les autorités locales, dont une carte européenne des aléas climatiques futurs.

La facture de l’inaction

Les chiffres avancés donnent le vertige. Selon la Commission, les extrêmes climatiques ont causé environ 200 milliards d’euros de dégâts économiques entre 2022 et 2025, soit une moyenne de 50 milliards par an. L’Europe aurait besoin d’environ 70 milliards d’euros d’investissements annuels dans l’adaptation, mais chaque euro investi en prévention pourrait en rapporter plus de dix en dégâts évités. La Banque européenne d’investissement prévoit d’y consacrer au moins 30 milliards d’euros entre 2026 et 2030.

Un écho très belge

En Belgique, la leçon des inondations de juillet 2021 dans la vallée de la Vesdre et ailleurs en Wallonie reste dans toutes les mémoires. Cartographie des zones inondables, adaptation des bâtiments à la chaleur, systèmes d’alerte précoce : ce sont précisément les chantiers que Bruxelles veut généraliser.

La démarche s’inscrit dans la ligne du conseil scientifique européen sur le changement climatique, qui avait appelé en février à tester les politiques publiques face à un réchauffement de 2,8 à 3,3 °C. Le texte doit maintenant être négocié par le Parlement européen et les États membres, à quelques jours de la COP31 qui s’ouvre le 9 novembre à Antalya, en Turquie.

Sources : EU Reporter, Infomédiaire, CTIF

Photo : Trougnouf (Benoit Brummer) / CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

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