Un accord, mais pas encore le chiffre qui compte. Lundi 26 octobre, au terme d’une longue journée de négociations à Luxembourg, les ministres européens de l’Agriculture ont adopté à l’unanimité une « orientation générale partielle » sur les règles de la future politique agricole commune (PAC), qui s’appliquera de 2028 à 2034.
Plus de flexibilité pour les États
Le compromis, porté par la présidence irlandaise du Conseil, donne davantage de latitude aux États membres pour adapter les aides aux réalités de leur agriculture. Le renouvellement des générations reste un objectif central, avec un soutien renforcé aux jeunes agriculteurs. Certaines définitions techniques ont aussi été assouplies, comme celle de l’hectare éligible aux aides.
Cette flexibilité ne fait pas l’unanimité à Bruxelles : le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a mis en garde contre une PAC « à la carte », qui irait à l’encontre du marché unique.
Le budget, grand absent
L’accord laisse soigneusement de côté tout ce qui touche à l’argent, comme le plafonnement ou la dégressivité des aides. Ces questions dépendent des négociations sur le prochain budget pluriannuel de l’UE (2028-2034), que les dirigeants européens espèrent boucler d’ici la fin de l’année.
C’est là que le bât blesse. Dans sa proposition de juillet 2025, la Commission prévoit de regrouper la PAC avec d’autres politiques, comme la cohésion ou la migration, dans un grand fonds unique géré via des plans nationaux. Selon les chiffres avancés au Parlement français, le soutien direct aux agriculteurs passerait d’environ 387 milliards d’euros sur 2021-2027 à 293,7 milliards sur 2028-2034, soit une baisse de plus de 20 % en valeur nominale.
Inquiétude dans les campagnes belges
La PAC pèse près d’un tiers du budget européen, et la Belgique bénéficie de plus de 2,8 milliards d’euros de financements agricoles européens pour 2023-2027. Le Boerenbond dénonce une réduction de 22 % du budget agricole, tandis que la Fugea réclame une PAC suffisamment financée. Les agriculteurs européens préparent d’ailleurs une nouvelle manifestation à Bruxelles avant la fin de l’année, après celle de juillet 2025.
Prochaine étape : la négociation avec le Parlement européen. Mais tant que l’enveloppe ne sera pas connue, les agriculteurs resteront dans le flou.
Sources : Agra, Gouvernement luxembourgeois, Contexte, 21News, BruxellesToday, Assemblée nationale
Photo : Alex Remacle / CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons










